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05.11.2008

Non à la démédicalisation de la prise en charge des personnes âgées dépendantes


Le gouvernement a décidé une réforme de la prise en charge des personnes âgées qui doit se traduire par la fermeture de 70 % des lits de long séjour hospitalier (soit 1 100 lits pour le seul département d'Ille-et-Vilaine) et leur reconversion en lits de maisons de retraite médicalisées (EHPAD). Jean-Louis Tourenne souhaite mobiliser les citoyens pour défendre les personnes âgées et repousser cette réforme. Nous vous invitons à signer la pétition en ligne sur le site du Conseil général 35.

Loin d'être une formalité administrative, cette réforme modifie radicalement, et sans aucun débat national, l'accès aux soins des personnes âgées. Aujourd'hui, les EHPAD ne disposent pas d'un encadrement médical suffisant pour se substituer à l'hôpital. Le gouvernement ne peut ignorer que la densité de soignants au lit du patient y est, en moyenne, deux fois moindre que dans les unités de long séjour hospitalier (USLD). Dans ces conditions, la qualité des soins ne pourra être maintenue.

Alors que les besoins en hébergement médicalisé vont croître au cours des prochaines années du fait de la progression de l'espérance de vie, le gouvernement contribue, paradoxalement, par cette réforme à diminuer l'offre de lits nécessaires. Les personnes âgées risquent de perdre en qualité de prise en charge sans même gagner en quantité d'offre de places.

En outre, cette réforme permet à l'Etat de se décharger de ses responsabilités en transférant les charges des USLD, financées au juste titre de la solidarité par la sécurité sociale, vers les familles et les Départements. Du seul fait des lits ainsi transférés en EHPAD, les personnes âgées et leurs familles devront débourser 5 € de plus par jour (150 € par mois !), et le Département 1,5 M€.

Les personnes âgées ont droit, comme toute la population, à des soins adaptés, à une bonne qualité de vie et au respect de leur dignité. La fermeture massive d'unités de soins de longue durée ne les garantit en rien. Des évolutions, notamment l'humanisation de l'hébergement sont nécessaires.
L'objectif ne peut être la réduction des personnels mais bien de mieux adapter le type de prise en charge aux besoins réels des personnes âgées.

Parce que nous ne voulons pas que cette réforme se traduise par une nouvelle dégradation de la situation des personnes âgées, nous demandons au gouvernement un moratoire sur la réforme des lits d'USLD.
Ce moratoire doit être mis à profit :

1. pour faire une étude portant sur l'ensemble des structures accueillant des personnes âgées, bâtie sur des critères acceptés par tous, afin d'établir le profil des patients accueillis dans les EHPAD, concernant leur niveau de dépendance et leur besoin de soins. En ayant pour impératif une qualité de soins effective, cette étude donnera à connaître les besoins réels en médicalisation des EHPAD et permettra seule de déterminer sur quelles bases les capacités respectives des USLD et des EHPAD doivent être modifiées.

2. pour ouvrir une véritable concertation avec les départements, particulièrement engagés dans les politiques d'accompagnement du grand âge, les professionnels et leurs représentants, les associations de personnes âgées, accompagnée d'un examen des moyens financiers nécessaires à ces politiques. Seule une telle démarche permettra d'avoir la visibilité nécessaire pour prendre des décisions aux conséquences humaines et financières si importantes pour nos aînés et leurs familles.
Cette pétition sera adressée au Premier Ministre et aux ministres concernés.

Je signe la pétition